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Qui dort dîne

Qui dort dîne, mais celui qui ne dort pas grossit

Il paraît que nous ne dormons pas assez, et nos enfants non plus. Le sommeil joue pourtant un rôle important pour la croissance et la santé des enfants et des adolescents, au même titre que l'activité physique et l'alimentation, et depuis quelques années, le manque de sommeil est sérieusement mis en cause dans l'aggravation du risque d'obésité.

Une étude australienne le confirme. Réalisée à partir de questionnaires adressés aux parents de 3 495 enfants, elle présente l'intérêt d'englober un large éventail d'âges, puisque l'enquête concerne des enfants de 5 à 15 ans. Ce choix n'est pas dû au hasard, certains travaux ayant suggéré que l'âge de 10 ans est le seuil au-delà duquel le temps de sommeil n'a plus d'influence sur le risque d'obésité.

La prévalence de l'obésité parmi les enfants concernés par cette enquête est de 7,7 % (8,9 % chez les garçons et 6,6 % chez les filles). La durée moyenne de sommeil est de 9,5 heures, mais 23,9 % des participants dorment moins de 9 heures par nuit, alors que 51,8 % dorment plus de 10 heures. Parmi les enfants de 5 à 10 ans, il existe une forte corrélation entre un temps de sommeil inférieur à 9 heures et l'obésité. Plus précisément dans ce groupe, la prévalence de l'obésité parmi les enfants qui dorment moins de 9 heures est le double de celle retrouvée chez les enfants dormant 10 heures ou plus (22,3 % vs 11,5 %). La relation existe aussi, bien que moins évidente chez les 11-12 ans, mais n'est pas constatée chez les 13-15 ans.

Les auteurs remarquent qu'un temps de sommeil plus court est significativement associé à la sédentarité et à une faible consommation de fruits. Plusieurs mécanismes physiopathologiques paraissent impliqués dans ce lien entre manque de sommeil et obésité. Diminution de la tolérance au glucose, diminution de la sensibilité à l'insuline, augmentation du taux de cortisol le soir, élévation du niveau de la ghréline, diminution de celui de la leptine, augmentation de l'appétit.

Certaines études réalisées chez les adultes ont démontré que les personnes qui dorment peu ont une alimentation plus riche en graisses et pratiquent plus le grignotage, il pourrait en être de même pour les enfants.

Mais quels que soient les mécanismes en cause, le niveau de preuves paraît maintenant suffisant pour que la recherche d'un temps de sommeil adéquat fasse désormais partie intégrante des mesures de prévention contre l'obésité de l'enfant.

 

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