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Piqûres d'hyménoptères, danger

Piqûres d'hyménoptères, dangereuses si multiples

Une seule piqûre par un hyménoptère (guêpe, abeille et autres frelons), bien que douloureuse, n'est pas en règle dangereuse, sauf choc anaphylactique. En revanche, des piqûres multiples peuvent entraîner une rhabdomyolyse, une insuffisance hépatique, des lésions rénales et/ou un syndrome néphrotique, une hémolyse, des troubles de la coagulation voire une atteinte multi viscérale mortelle. La rhabdomyolyse est la première manifestation suivie en quelques jours de l'atteinte rénale.

Des auteurs israéliens ont rapporté 6 cas observés en 12 ans durant les mois d'août et septembre. Les enfants étaient âgés de 18 mois à 8 ans. L'un d'eux, âge de 23 mois, a eu un état de choc 50 min après les piqûres puis une défaillance multiviscérale 2 à 3 heures plus tard qui a entraîné le décès en 13 heures. Les 5 autres ont présenté une atteinte hépatique avec élévation des transaminases et pour 3 une baisse des facteurs de la coagulation. Cinq des 6 enfants ont eu une rhabdomyolyse documentée par une élévation de la CPK et de la myoglobinémie et les 6 une anémie. Quatre sur les 6 ont eu une atteinte rénale qui a guéri sans séquelle même si deux d'entre eux ont dû avoir une dialyse. Cette atteinte est apparue après un délai de quelques jours.

Au total, si le patient survit à la phase initiale, l'évolution clinique et biologique est relativement identique d'un cas à l'autre. Dans un délai de 1 à 3 jours, il apparaît des signes de rhabdomyolyse, une élévation des enzymes hépatiques et une perturbation modérée des tests de coagulation. Une détérioration graduelle de la fonction rénale dont le pic se situe 4 à 9 jours après les piqûres s'ensuit. Elle se traduit par des oedèmes et une oligoanurie. La biopsie peut montrer une nécrose tubulaire et une néphrite interstitielle. Une étiologie multifactorielle est discutée : néphrotoxicité du venin, réaction allergique retardée, dépôts de myoglobine dans les reins.

Le nombre de piqûres nécessaires pour entraîner de tels troubles est mal connu mais il est important de les compter. La possibilité d'un décalage de quelques jours dans leur apparition doit également être connue d'où la nécessité d'une surveillance clinique et biologique.

Broides A et coll. : Multiple hymenoptera stings in children: clinical and laboratory manifestations. Eur J Pediatr 2010;169:1227-31.

 

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