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Ménorragies chez l'adolescente

Ménorragies chez l'adolescente : dépister une maladie de Willebrand est économiquement acceptable...

La prévalence de la maladie de von Willebrand (MVW) de type I, trouble de l'hémostase le plus fréquent, est de 1 % dans la population générale et de 13 % chez les adolescentes présentant des ménorragies. Une exploration complète de l'hémostase est habituellement pratiquée en cas d'antécédents familiaux de MVW chez les jeunes filles se plaignant de saignements menstruels excessifs. Mais les ménorragies sans troubles de l'hémostase sont majoritaires et fréquentes chez les sujets jeunes en particulier lors des cycles anovulatoires. Par ailleurs, les pilules contraceptives, qui entraînent une augmentation du taux des facteurs de coagulation et peuvent donc masquer une MVW, sont aussi un traitement des ménorragies. De quoi se poser la question de l'opportunité de rechercher une MVW chez l'adolescente souffrant de ménorragies, d'autant que les investigations nécessaires sont complexes et coûteuses.

Des chercheurs de l'université de Pittsburgh se sont livrés à un travail informatique afin d'évaluer le rapport coût-efficacité du dépistage ou de son absence. Ils ont introduit dans leurs ordinateurs de nombreux paramètres tirés de la littérature. Le premier était la probabilité d'hémorragie sévère nécessitant hospitalisation, chirurgie et transfusion, estimée à 1 % en cas de MVW, nulle avec une hémostase normale. Le second était le risque de thrombose sous pilule (5/105), de décès ou de maintien en bonne santé. D'autre part, la qualité de la vie a été évaluée grâce à des questionnaires. L'objectif était de confronter le coût supplémentaire induit par les mesures prises et le QALY (Quality Adjusted Life Year, indice correspondant au gain d'une année de vie en bonne santé). Le coût par QALY est considéré comme socialement acceptable s'il est au total de moins de 100 000 dollars.

Finalement, l'absence d'étude d'hémostase chez les adolescentes avec ménorragies a été considérée comme engendrant un coût évalué à 1 251 $ contre 1 790 $ en cas d'exploration de l'hémostase. La stratégie non dépistage aboutit à 14,237 QALYs, contre 14,246 en cas de dépistage, ce qui est comparable. Le rapport coût efficacité du dépistage a été calculé à 62 791 $ par QALY, donc économiquement acceptable. En conclusion, le dépistage de la MVW de type I (la plus fréquente) est justifié avant la mise sous pilule chez les adolescentes souffrant de ménorragies, en terme de rapport coût efficacité.

Commentaire : peut-on prévoir (et redouter ?) que notre chère Sécurité Sociale se livre à de telles études ?

Sidonio RF et coll. : Cost-utility analysis of von Willebrand disease screening in adolescents with menorrhagia. J Pediatr 2010;157:456-60

 

 

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