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Le diabète de type 2 protégerait de la goutte

 

Bien que l'hyperuricémie et la goutte soient associées à un risque accru de diabète, les mécanismes physiopathologiques du diabète suggèrent que ce dernier pourrait réduire le risque futur de maladie goutteuse.

Plusieurs études ont montré que les diabétiques de type 2 ont des taux sériques d'acide urique plus faibles que les sujets sans diabète. Ce phénomène peut être expliqué de 2 façons.

La glycosurie associée à la maladie diabétique à un effet uricosurique. En outre, l'altération de la réponse inflammatoire observée dans le diabète peut jouer un rôle protecteur contre le risque de goutte, maladie inflammatoire. Aucun travail cependant n'a étudié cette hypothèse.

Une équipe américaine a souhaité évaluer l'impact du diabète sur le risque futur de goutte.

Cette étude cas-témoins a été effectuée à partir d'une base de données du Royaume-Uni Tous les nouveaux cas de goutte (N = 24 768) ont été identifiés et comparés à

50 000 sujets contrôles (échantillonnage aléatoire). Après ajustement pour l'âge, le sexe, l'indice de masse corporelle, le tabagisme, la consommation d'alcool, la présence d'une cardiopathie ischémique et de facteurs de risque cardiovasculaires, le risque de cas incidents de goutte chez les malades diabétiques, par rapport aux sujets non diabétiques était de 0,67 (IC 95 % 0,63 à 0,71).

Les risques relatifs en fonction de la durée du diabète, de 0 à 3ans, de 4 à 9 ans et plus de 10 ans ont été respectivement de 0,81 (IC à 95 % de 0,74 à 0,90), 0,67 (IC 95 % 0,61 à 0,73) et 0,52 (IC 95 % 0,46 à 0,58). L'association était plus marquée chez les sujets souffrant d'un diabète de type 1 versus diabète de type 2 (RR 0,33 vs 0,69) et chez les hommes plus que chez les femmes.

Les auteurs concluent que les diabétiques ont un risque diminué de développer une maladie goutteuse indépendamment des autres facteurs de risque.

L'effet protecteur semble plus marqué chez les hommes souffrant d'un diabète de type 1 de longue date .

Ces résultats peuvent sembler contre-intuitifs, considérant, les fortes associations transversales entre l'hyperuricémie, la goutte et le syndrome métabolique.Cependant, ils mettent en évidence le rôle important de la physiopathologie associée au diabète dans le risque de développer une maladie goutteuse.

 

Rodríguez G et coll. : Impact of diabetes against the future risk of developing gout. Ann Rheum Dis., 2010; 69: 2090-2094


 

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