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edito

    De nombreux sites dédiés aux patients en quête de connaissances médicales sont disponibles sur Internet, plus de 128 millions de pages santé ont été répertoriées Ainsi, le site Doctissimo.fr, qui fête cette année ses 10 ans d'existence revendique 9 millions de visiteurs pour le seul mois avril 2010! Vidal vient de mettre en ligne eurekasante.fr, sur lequel on trouve les posologies, les recommandations officielles et les effets secondaires des médicaments. le site docteurclic.com proposent même des diagnostics en ligne ou des conseils d’automédication.

    Cette imprégnation des patients par des " connaissances médicales" piochées dans le web interfère lors d'une consultation du praticien qui se sent agressés par des malades de plus en plus vindicatifs; surtout quand le patient l'évoque pour donner l'impression de savoir autant que nous, certains nous demandent parfois de confirmer certains diagnostics complètement farfelus, nous obligeant à fournir de gros efforts de pédagogie et de patience pour réexpliquer, rassurer et à faire comprendre que nous sommes là pour leur apporter une réponse particulière, pas une réflexion générale sur la maladie.

   Les informations médicales publiées sur le Net – lorsqu’elles ne sont pas tout simplement erronées – peuvent être dépassées, sans parler des termes médicaux – parfois nébuleux –, et le langage sur le Web – parfois vulgarisé à l’extrême, pouvant causer de l’angoisses chez le malade en attente de réponses ou de réconfort.

Sur les forums, les expériences s’échangent, des liens se créent, mais, même avec un très bon modérateur, les dérapages peuvent être fréquents. On trouve de tout, personnes mal intentionnées, résultats d’analyse non adaptés, mythomanes, hypochondriaque..

Et les moteurs de recherche, de par leur fonctionnement, affichent quantité de réponses, depuis le forum jusqu'aux études scientifiques poussées. Sans que l’internaute ne perçoive parfaitement l’origine des renseignements pris.

Consciente du problème, la Haute Autorité de santé (HAS) en France, recommande de s’intéresser de plus près au site avant d’en lire les contenus et de vérifier:

- les qualifications et diplômes des rédacteurs du contenu du site;

- les éventuelles sources de financement du site pour détecter tout conflit d’intérêt;

- les dates de mises à jour du site;

- les mentions légales, notamment concernant le respect de la vie privée.

- Elle recommande aussi de consulter plus volontiers les sites détenteurs du logo HON : organisation non gouvernementale à but non lucratif, qui a mis en place un système de labellisation des sites Internet à destination des usagers de la santé . Si cette certification ne garantit pas le fond éditorial, elle oblige le site détenteur du logo à mentionner clairement les sources, les auteurs et les dates.

Par ailleurs, et devant l’ampleur du phénomène, certains médecins ont décidé de créer eux-mêmes leur site, c'est l'exemple de hepatoweb.com , son créateur (Dr Didier Mennecier) déclare que l’appui d’un site Internet peut aider le patient à comprendre et à gérer sa maladie. Il est plus facile, ensuite, de dialoguer avec lui.

S'il est normal que les patients puissent s'informer au sujet de leurs santé, il convient de rappeler les risques possibles de telles pratiques et que tout est une question de dosage , car la profusion d'informations médicale sur le net, à qualités discutables, peut constituer une réel menace pour un malade, paniqué après avoir terminé sa recherche sur le Web, reste dans sa solitude, avec son mal-être.

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