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Du sport pour éviter les infections respiratoires : pas si sûr !

Du sport pour éviter les infections respiratoires : pas si sûr !

C'est une étude du British Journal of Sports Medicinedont certainement vous avez pris connaissance d'une façon ou d'une autre, tant elle a été reprise partout, journaux médicaux, sites scientifiques, media grand public et autres. Il s'agissait, pour les auteurs de Kannapolis, USA, de confirmer qu'existait bien une relation inverse entre activité physique et taux d'infections respiratoires (IR) hautes de l'adulte. Pour ce faire, ils ont recruté 1 200 personnes âgées de 18 à 85 ans (dont 40 % de 19 à 39 ans et 60 % de femmes), les ont interrogées sur leurs habitudes d'activités physiques aérobies, de régime alimentaire, de style de vie, niveaux de stress etc, avant de les suivre pendant 12 semaines automnales et hivernales, dîtes « saison des rhumes». Les résultats sont éloquents : ça fonctionne, et même plutôt bien. Sur la période en question, et pour un nombre moyen de 13 jours symptomatiques pour l'hiver, le nombre de jours sans IR était inférieur de 43 % chez les plus forts pratiquants (5 fois par semaine) par rapport aux sédentaires ; en outre, last but not least, ( ????) quand il y avait infection les symptômes étaient bien moins sévères chez les sportifs...

C'est donc entendu, le sport éloigne les rhumes et autres IR hautes. Reconnaissons d'ailleurs que nous aurions été surpris, et même déçus, du contraire. Depuis des lustres qu'on le répète, « bouge ton corps» et tout ira mieux, tu resteras jeune, normo-tendu, avec un meilleur sommeil et toujours de bonne humeur ; il aurait été contrariant de ne pouvoir y ajouter une petite protection contre quelques infections...

Mais quand même, le doute s'insinue doucement, au moins chez certains comme l'auteur de ces lignes : n'a-t-on pas, aussi, souvent entendu dire que le grand sportif est fragile et justement enclin à « attraper» tous les virus qui passent ? Petit tour sur PubMed pour essayer d'y voir un peu plus clair, et où on trouve justement une revue suisse sur le sujet, proposée il y a peu par une consultante de maladies infectieuses de l'hôpital de Genève. Elle consacre un paragraphe aux rapports entre infections et exercices physiques, rappelant que cette relation a justement d'abord été décrite en 1989 par... Nieman lui même ! Le postulat de « la courbe en J» stipule que, par rapport à un sédentaire, un sportif modéré aurait moins de risque d'IR alors que le sportif d'élite, avec son entraînement poussé, serait à plus grand risque. Elle poursuit en constatant que ce modèle est largement accepté, mais qu'il reste véritablement à prouver et que les résultats des études disponibles (avec leurs méthodologies propres) sont contradictoires. L'étude définitive, prospective et randomisée, de modélisation de la relation complexe entre effort et infection, reste à réaliser. Avis aux amateurs !

Un peu d'exercice physique, au total, semble quand même bel et bien éloigner les infections respiratoires de la mauvaise saison. Après, on ne sait plus et toutes les hypothèses restent possibles, y compris celle de Peters -et d'autres- d'une plus grande sensibilité des grands sportifs (en l'occurrence et pour Peters des marathoniens) aux IR supérieures. A vos basquettes, mais avec modération !

Nieman DC et coll. : Upper respiratory tract infection is reduced in physically fit and active adults. Br J Sports Med., 2010; publication avancée en ligne le 1er Novembre Boffi El, Amari E : Infections des voies respiratoires supérieures et sport: qui joue?... Revue Médicale Suisse 2010;6 : 1499-503.

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