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Avec le bruit des avions,

Avec le bruit des avions, la mortalité par infarctus du myocarde décolle !

Différents travaux ont décelé une association entre l'exposition au bruit (aiguë et chronique, professionnelle et résidentielle) et l'HTA, l'infarctus du myocarde, un accroissement de la morbidité et de la mortalité cardiovasculaires, ainsi qu'une augmentation d'utilisation des traitements médicamenteux à visée cardiovasculaire. Des auteurs suisses et néerlandais ont franchi un pas supplémentaire en examinant l'impact sur les affections cardiovasculaires de la pollution de l'air simultanément à celui du bruit en l'occurrence celui des avions (65 aéroports civils).

Leur étude, a inclus près de 4,6 millions de sujets âgés de plus de 30 ans, suivis de décembre 2000 à décembre 2005, dans la Swiss National Cohort (qui relie les données de mortalité et celles de recensement), riche d'informations socio-démographiques, et résidentielles géocodées. Les données de mortalité par infarctus du myocarde ont été croisées avec celles de l'exposition au bruit dont le niveau a été classé en 5 catégories : moins de 45 dB(A), 45 à 50, 50 à 55, 55 à 60 et plus de 60 dB(A), la durée de résidence dans la même habitation (au moins 5, 10 ou 15 ans) étant également prise en compte.

La pollution de l'air au lieu de résidence et celle liée trafic routier ont été évaluées, en utilisant comme indicateurs les concentrations résidentielles moyennes de particules de diamètre inférieur à 10 µm (PM10) et la distance aux routes à grande circulation.

Dans la population de l'étude, 15 532 décès par infarctus du myocarde, 177 836 décès par maladies cardiovasculaires, 25 231 décès par AVC ont été recensés. Les décès par cancers de la trachée, des bronches et du poumon (n = 14 095) ont servi d'indicateurs du comportement tabagique.

Après de nombreux ajustements (sur le sexe, l'âge, le statut marital, la nationalité, le niveau d'éducation, le lieu de résidence urbain ou rural, le statut socio-économique de la municipalité, l'exposition au bruit, la distance aux routes à grande circulation, l'exposition aux PM10), une association a été retrouvée entre l'accroissement du niveau et de la durée d'exposition au bruit des avions et une augmentation du risque de décès par infarctus du myocarde. Les ratios de risque ajustés étaient, dans l'ensemble, de 1,3 (IC à 95 % 0,96-1,7), pour la comparaison des sujets de la catégorie la plus fortement exposée au bruit des avions (>= 60 dB(A)) à ceux de la catégorie la moins exposée (< 45dB(A), et, chez les sujets ayant vécu au même endroit au moins 15 années durant, de 1,5 (1,0-2,2).

Ni la mortalité toutes causes ni la mortalité par maladies cardiovasculaires, ni encore celle par maladies cérébrovasculaires ou par AVC ne sont apparues associées à l'exposition au bruit des avions.

Cette étude, qui a pris en considération l'exposition à la pollution de l'air par les PM10, suggère une association entre exposition résidentielle au bruit des avions et mortalité par infarctus du myocarde, selon une relation dose-effet en fonction des niveaux et de la durée d'exposition à ce bruit. Cette association ne semble pas pouvoir être expliquée par une augmentation concomitante de l'exposition à la pollution de l'air. L'interprétation des résultats est cependant limitée notamment par le manque de données intéressant l'exposition au bruit du trafic routier, et par l'insuffisance d'évaluation des facteurs de risque cardiovasculaires (seuls les décès par cancers de la trachée, des bronches et du poumon ont été pris comme indicateur d'habitudes tabagiques, et ceux par AVC comme reflet de l'HTA).

Huss A et coll. Aircraft noise, air pollution and mortality from myocardial infarction. Epidemiology 2010 21 : 829-36.

 

 

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