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Ah, les petits pois, pas toujours un légume bien tendre pour les femmes enceintes !

Avec 76 000 tonnes de pesticides vendus (en 2004), la France arrive au premier rang européen et au troisième rang mondial pour leur utilisation. L'agriculture en consomme 90 % et de plus en plus de travaux sont consacrés aux conséquences de cette utilisation intensive sur la santé. La pollution des eaux, des sols, des plantes et de l'atmosphère environnants est l'objet de préoccupations croissantes. Plusieurs études ont démontré une contamination de l'environnement domestique autour des champs traités par les pesticides qui se volatilisent dans l'atmosphère après avoir été répandus sur les cultures. Des niveaux élevés de pesticides ont ainsi été retrouvés dans la poussière de maison et dans les urines des enfants autour de zones agricoles.

L'étude PELAGIE, mise sur pied en 2002, s'est donné comme objectif d'évaluer l'impact des polluants environnementaux sur la grossesse et le développement de l'enfant. Entre 2002 et 2006, elle a inclus au total 3 421 femmes enceintes, dans 3 départements bretons (Ille-et- Vilaine, Côtes d'Armor et Finistère), dans lesquels 70 % des terres sont consacrées aux cultures, en particulier les céréales pour les porcs et les volailles, les légumes et les pommes de terre.

Les auteurs ont recherché des liens entre le lieu d'habitation des mères pendant la grossesse et d'éventuelles anomalies chez les enfants. Ils ne constatent aucune corrélation entre le niveau d'urbanisation et le poids et la taille de naissance des enfants. Le poids et la taille à la naissance ne sont pas statistiquement différents dans les zones urbaines ou dans les campagnes. Il n'en est pas de même du périmètre crânien, puisqu'il semble que le risque d'un petit périmètre crânien est plus élevé chez les enfants vivant à proximité de zones agricoles (OR = 1,8, IC 95 % 0,9 à 3,1, p = 0,06), le résultat étant toutefois à la limite de la significativité. Il est par contre statistiquement significatif pour les enfants dont les mères vivent près de champs de petits pois (OR =2,2 ; IC 95 % 1,2 à 3,6, p = 0,004), et à un moindre degré à proximité des champs de pommes de terre et de légumes, résultats confirmés en analyse multivariée.

Selon des enquêtes de surveillance réalisées en France en 2001 et 2006, les insecticides organophosphorés sont utilisés sur presque toutes les cultures de petits pois, de pommes de terre et de légumes, mais plus rarement sur les champs de maïs et de blé. Les auteurs précisent toutefois qu'il est difficile d'attribuer à une seule culture la responsabilité d'effets secondaires éventuels, les cultures étant le plus souvent associées.

Malgré les limites de cette étude, notamment le manque de précision sur la proximité exacte des champs et des lieux d'habitation et donc le degré d'exposition possible des mères, elle a l'avantage d'attirer l'attention sur les effets secondaires potentiels des insecticides sur le développement in utero, effets qui viendraient ajouter aux griefs déjà formulés contre ces produits.

Petit C et coll. : Impact on fetal growth of prenatal exposure to pesticides due to agricultural activities: a prospective cohort study in Brittany, France Environmental Health 2010, 9:71 doi:10.1186/1476-069X-9-71


 

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